80 % : c’est la part des VPN gratuits qui, en 2024, collectent et partagent vos données avec des tiers selon Top10VPN. Derrière la promesse d’anonymat, certains fournisseurs promettent de ne rien conserver, tout en glissant discrètement des trackers publicitaires dans leurs applications.
Face à la multiplication des offres gratuites, la transparence ne suit pas toujours. Entre solutions payantes et gratuites, l’écart de fiabilité reste flagrant, avec des conséquences directes sur la sécurité, surtout dès que l’enjeu devient professionnel.
VPN gratuits : une solution séduisante mais à double tranchant
Les VPN gratuits attirent par leur facilité d’accès. Pas de frais, installation express, et la promesse d’une navigation à l’abri des regards. Mais cette gratuité cache souvent un revers : votre confidentialité devient la monnaie d’échange. Beaucoup de services VPN gratuits financent leur modèle en revendant vos données personnelles à des annonceurs, des courtiers en données, voire parfois à des entités gouvernementales. Ici, l’utilisateur cesse d’être un client : il devient une source de profit.
Voici ce que l’on retrouve fréquemment derrière ces offres gratuites :
- Collecte et vente des historiques de navigation à des tiers intéressés
- Présence de publicités ciblées, directement injectées dans l’application VPN
- Restrictions techniques : limitation du volume de données, peu de serveurs disponibles, fonctions réduites
La plupart de ces VPN gratuits imposent des contraintes qui affectent l’expérience : files d’attente interminables, coupures fréquentes, accès bloqué à certains sites, lenteurs notables. Pire encore, certains incluent des logiciels malveillants, transforment votre appareil en relais pour d’autres utilisateurs, ou revendent votre bande passante à des réseaux douteux. Plusieurs cas récents, applications infectées ou transformées en botnet, ont mis en lumière l’ampleur des risques VPN gratuits.
Derrière l’écran d’une confidentialité affichée, la réalité est plus rugueuse : l’utilisateur troque sa vie privée pour un accès temporaire. Les services VPN de type freemium, qui proposent une version gratuite limitée d’un VPN payant, restent une option moins risquée, à condition de faire preuve de discernement. Gardez à l’esprit que toute offre gratuite implique un compromis, rarement neutre pour la vie privée.
Quels sont les vrais risques pour la sécurité et la confidentialité ?
L’univers des VPN gratuits est loin d’être un abri inviolable. Les alertes s’accumulent : logiciels malveillants, collecte intensive de données personnelles, fuite de l’adresse IP réelle, voire transformation de votre appareil en serveur proxy à votre insu. Selon le CSIS Security Group, 38 % des applications VPN gratuites sur Android embarquent des malwares, un chiffre qui en dit long sur la vigilance très relative de certaines plateformes comme Google Play ou APKPure.
Des réseaux entiers ont été détournés pour former des botnets, comme l’a tristement illustré 911 S5. Ce réseau, démantelé par le FBI après avoir généré 99 millions de dollars et causé des milliards de pertes, s’appuyait sur des VPN gratuits tels que MaskVPN, DewVPN, PaladinVPN, ProxyGate ou ShineVPN. L’utilisateur, persuadé d’agir pour sa propre sécurité, offrait en réalité sa machine aux cybercriminels.
Le danger ne se limite pas au vol de données. Certains VPN gratuits, à l’image de Hola VPN, partagent les adresses IP de leurs utilisateurs, les exposant à des risques de poursuites ou d’usurpation d’identité. D’autres, Betternet, ThunderVPN, Hotspot Shield, ont été montrés du doigt pour leur collecte ou leur revente massive de données sur l’activité en ligne.
Voici un aperçu des menaces les plus courantes :
- Fuites DNS : vos requêtes de navigation peuvent être exposées, mettant à mal l’anonymat
- Publicités invasives ou redirections vers des sites douteux
- Absence de protection contre des failles connues, laissant la porte ouverte aux attaques
La confidentialité tant vantée masque souvent des pratiques bien plus intrusives : vos activités deviennent un produit commercialisable. Les applications VPN gratuites sont loin de garantir la sécurité numérique, elles démultiplient au contraire les points d’entrée pour qui veut s’introduire dans vos usages et vos données.
Panorama 2026 : les VPN gratuits les plus fiables selon les experts
Le marché des VPN gratuits évolue sous le regard attentif des professionnels de la cybersécurité. Au milieu de la foule d’offres, quelques noms se distinguent par une fiabilité saluée par les experts. ProtonVPN, basé en Suisse, fait figure de référence. Sa version gratuite ne limite pas la quantité de données, ne conserve pas de logs d’activité et bénéficie d’une juridiction protectrice en matière de confidentialité. L’ouverture du code source inspire confiance, loin des pratiques obscures de certains concurrents.
Autre choix apprécié, Windscribe, d’origine canadienne. Sa formule gratuite (limite à 10 Go par mois) propose un chiffrement AES-256 solide et une politique de collecte des données claire : seul le strict minimum technique est retenu. Les spécialistes en cybersécurité saluent cette transparence, et l’interface va à l’essentiel.
En Malaisie, Hide.me complète ce trio. Sa version gratuite plafonnée à 10 Go mensuels, sans conservation de logs et avec un support technique rapide, reste l’un des rares services à tenir ses promesses de protection sans sacrifier la transparence. Les audits indépendants, publiés, attestent de leur sérieux.
Pour réduire les risques, privilégiez les VPN freemium issus de fournisseurs reconnus, capables d’assurer leur infrastructure sans recourir à la vente de données ou à l’insertion de publicités. Les experts rappellent toutefois la présence de limites : choix de serveurs restreint, fonctionnalités bridées, mais respect d’un minimum de sécurité.
Comment choisir entre VPN gratuit et payant selon vos usages professionnels et personnels
Opter pour un VPN gratuit ou un VPN payant ne relève pas uniquement d’une question de coût. Pour un usage professionnel, l’exigence de confidentialité et de support technique demande des garanties que seuls les services payants offrent souvent : infrastructure robuste, large choix de serveurs, support client réactif et fonctionnalités avancées comme le kill switch ou la protection contre les fuites DNS. L’accès à des serveurs optimisés pour le streaming ou le P2P reste aussi l’apanage des offres payantes.
Côté gratuit, la réalité est plus contraignante : nombre de serveurs limité, bande passante restreinte, fonctionnalités au rabais. Pour un usage ponctuel ou personnel, les versions gratuites de ProtonVPN, Windscribe ou Hide.me peuvent suffire, à condition de ne pas manipuler de données sensibles. Navigation privée, consultation de sites bloqués ou connexion à un Wi-Fi public : ces scénarios tolèrent parfois les limites d’un VPN freemium.
| VPN gratuit | VPN payant | |
|---|---|---|
| Sécurité | Basique, variable | Avancée, auditée |
| Confidentialité | Parfois compromise | Renforcée, politique stricte |
| Vitesse / serveurs | Limitée | Optimale, mondiale |
| Support client | Absent | 24/7, dédié |
Pour les projets professionnels, orientez-vous vers un VPN payant. Pour des besoins occasionnels et privés, un VPN freemium de confiance peut suffire, à la condition de choisir un fournisseur transparent. Ce choix, loin d’être anodin, façonne la frontière entre vie privée protégée et exposition silencieuse.


